Glossaire de l'escalier
Le vocabulaire de l'escalier est ancien et précis, et la moitié des erreurs de commande vient d'une confusion de mots — marche pour contremarche, giron pour profondeur de planche. Voici les termes qui comptent, définis sans jargon.
BalancementBlondelCollet
ContremarcheCrémaillèreÉchappée
ÉchiffreEmmarchementFaux-limon
Garde-corpsGironJour
Ligne de fouléeLimonMain courante
MarcheMarche balancéeMarche de départ
Marche palièreNez de marcheNoyau
PaillassePalierPas décalés
PenteQuartier tournantReculement
TrémieVolée
Les termes marqués d'un lien renvoient vers le calculateur correspondant.
- Balancement
- Répartition progressive des marches dans un virage, de façon que le giron reste constant sur la ligne de foulée. Les marches pivotent au lieu de rester parallèles : elles s'élargissent côté extérieur et se pincent côté intérieur. C'est ce qui distingue un escalier tournant d'un escalier à palier. Voir le calcul du quart tournant.
- Blondel (loi de)
- Règle de proportion qui veut que deux fois la hauteur de marche plus le giron tombe entre 60 et 65 cm, l'idéal étant 63 cm. Elle traduit le pas d'un adulte, sachant que monter coûte environ deux fois plus d'effort qu'avancer. Voir le calcul de la loi de Blondel.
- Collet
- Extrémité étroite d'une marche balancée, du côté intérieur du virage. C'est le point le plus contraint d'un escalier tournant : sous 10 cm de largeur, le pied ne peut plus s'y poser et l'escalier se monte forcément côté extérieur.
- Contremarche
- La face verticale entre deux marches, et par extension la hauteur qu'on gravit à chaque pas. Un escalier compte toujours une contremarche de plus que de marches lorsqu'il débouche de plain-pied sur un palier : la dernière surface d'arrivée est le plancher lui-même. Les escaliers dits « à claire-voie » n'ont pas de contremarche physique, mais la hauteur, elle, existe toujours.
- Crémaillère
- Limon découpé en dents d'escalier, sur lequel les marches viennent se poser à plat. C'est la solution la plus simple à fabriquer, courante en escalier bois ou métal, mais elle affaiblit la pièce porteuse par rapport à un limon à l'anglaise, où les marches sont encastrées.
- Échappée
- Hauteur libre au-dessus des marches, mesurée à la verticale du nez de marche. Le minimum admis est de 190 cm, 200 cm étant nettement plus confortable. C'est elle qui dimensionne la trémie, et sur un escalier hélicoïdal, elle découle directement du nombre de marches par tour.
- Échiffre (mur d')
- Mur latéral contre lequel l'escalier vient s'appuyer. Un escalier « entre deux murs d'échiffre » n'a pas de limon apparent : les marches sont scellées ou posées sur des supports fixés dans la maçonnerie.
- Emmarchement
- Largeur utile de l'escalier, mesurée entre limons ou entre murs. 70 cm est un minimum réservé aux accès secondaires ; 80 à 90 cm permet de monter un meuble et de croiser quelqu'un. Dans les bâtiments recevant du public, la largeur dépend de l'effectif accueilli.
- Faux-limon
- Pièce décorative posée le long d'un mur, en pendant du limon porteur situé de l'autre côté. Elle ne porte rien : elle habille la jonction entre les marches et le mur et donne à l'escalier une symétrie visuelle.
- Garde-corps
- Barrière protégeant du vide, le long de la volée et en bordure de trémie. C'est le seul élément de l'escalier réellement encadré par la réglementation en maison individuelle : hauteur, résistance et espacement du remplissage — 11 cm maximum entre barreaux. Voir les normes applicables.
- Giron
- Profondeur utile d'une marche, mesurée d'un nez de marche au nez de marche suivant. À ne pas confondre avec la largeur de la planche, qui inclut en plus le débord du nez. Voir le calcul du giron.
- Jour
- Espace vide laissé au centre d'un escalier tournant, entre les deux volées ou autour du fût. Un jour même étroit — 10 à 15 cm — change tout sur un demi-tournant : il redonne de la largeur au collet des marches balancées et laisse la place au garde-corps.
- Ligne de foulée
- Trajectoire réelle du marcheur dans l'escalier, tracée conventionnellement à 50 cm du limon intérieur — ou au milieu si l'escalier fait moins d'un mètre de large. C'est sur cette ligne, et seulement sur elle, que le giron doit rester constant dans un virage.
- Limon
- Pièce inclinée qui porte les marches sur le côté. Il peut être découpé en crémaillère, ou entaillé pour recevoir les marches par leur tranche — on parle alors de limon à l'anglaise. Sa longueur est l'hypotenuse du triangle formé par la hauteur et le reculement.
- Main courante
- Barre saisie à la main pour se tenir. Elle peut être fixée au mur ou couronner le garde-corps. En usage accessible, elle est exigée des deux côtés et doit se prolonger au-delà de la première et de la dernière marche, afin de rester tenue au moment où l'on quitte l'escalier.
- Marche
- Surface horizontale sur laquelle on pose le pied. Le nombre de marches est celui des girons : il vaut le nombre de contremarches moins une quand l'escalier arrive de plain-pied. Voir le calcul du nombre de marches.
- Marche balancée
- Marche non rectangulaire d'un escalier tournant, plus large côté extérieur que côté intérieur. Un quart de tour en consomme généralement 3 à 5.
- Marche de départ
- Première marche de la volée, souvent plus large ou arrondie — on parle de marche « à quart de rond » ou « en pastille ». Elle marque l'entrée de l'escalier et reçoit le poteau de départ du garde-corps.
- Marche palière
- Dernière marche, de niveau avec le plancher d'arrivée. Elle n'est pas toujours une pièce distincte : le plus souvent, c'est le plancher de l'étage qui en tient lieu. D'où le décalage permanent entre nombre de marches et nombre de contremarches.
- Nez de marche
- Débord de la marche au-dessus de la contremarche, généralement de 2 à 5 cm. Il agrandit la surface d'appui du pied sans allonger l'escalier : c'est le levier classique quand le reculement est contraint. Un débord excessif, en revanche, accroche la pointe du pied à la montée.
- Noyau
- Fût central autour duquel s'enroulent les marches d'un escalier hélicoïdal. Son diamètre réduit d'autant l'emmarchement utile, et c'est lui qui fixe la largeur au collet des marches.
- Paillasse
- Dalle inclinée en béton qui porte les marches d'un escalier maçonné. Elle joue le rôle du limon, mais sur toute la largeur de l'escalier, et se coule en même temps que la structure.
- Palier
- Plateforme horizontale interrompant l'escalier, à l'arrivée ou en cours de montée. Un palier intermédiaire coupe une volée en deux : il consomme plus de place que des marches balancées, mais il interrompt une chute éventuelle, ce qu'aucun escalier balancé ne fait.
- Pas décalés
- Escalier dont les marches sont découpées en alternance à gauche et à droite. Chaque pied ne disposant que d'une marche sur deux, la profondeur d'appui réelle est doublée pour une emprise inchangée. Voir le calcul des pas décalés.
- Pente
- Inclinaison de la volée, exprimée en degrés ou en pourcentage. Entre 30 et 35° pour un escalier confortable ; au-delà de 42°, on entre dans le domaine de l'escalier de meunier. Attention : 100 % de pente correspond à 45°, pas à la verticale. Voir le calcul de la pente.
- Quartier tournant
- Portion tournante d'un escalier, par opposition aux volées droites. Un escalier « à quartier tournant bas » vire dans ses premières marches — la position la plus sûre, une chute y ayant moins de conséquences qu'un virage placé en fin de descente.
- Reculement
- Longueur occupée au sol par la volée : nombre de girons multiplié par le giron. C'est la contrainte qui bloque le plus souvent un projet, et la seule façon de la réduire est de mettre moins de marches — donc plus hautes — ou de faire tourner l'escalier.
- Trémie
- Ouverture réservée dans le plancher de l'étage pour laisser passer l'escalier. Sa longueur découle de l'échappée à conserver, sa largeur de l'emmarchement augmenté du jeu de pose. Elle se décide au plan de plancher : une fois la dalle coulée, elle ne se rattrape plus. Voir le calcul de la trémie.
- Volée
- Suite ininterrompue de marches entre deux paliers. Un escalier droit compte une seule volée ; un demi-tournant à palier en compte deux. Au-delà d'une vingtaine de marches d'affilée, un palier de repos devient souhaitable.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre marche et contremarche ?
La marche est la surface horizontale sur laquelle on pose le pied ; la contremarche est la face verticale qui les sépare, et par extension la hauteur gravie à chaque pas. Un escalier compte une contremarche de plus que de marches lorsqu'il arrive de plain-pied sur le palier.Giron ou profondeur de marche ?
Le giron se mesure d'un nez de marche au suivant. La profondeur de la planche est plus grande, car elle inclut le débord du nez de marche, soit 2 à 5 cm supplémentaires.Qu'est-ce que la ligne de foulée ?
C'est la trajectoire réelle du marcheur, tracée à 50 cm du limon intérieur, ou au milieu de l'escalier s'il fait moins d'un mètre de large. Dans un escalier tournant, le giron doit rester constant sur cette ligne.Un calcul n'est pas un plan d'exécution. Ce site donne les cotes justes et signale les proportions inconfortables, mais il ne remplace ni l'étude d'un escaliériste, ni la vérification de la structure porteuse, ni les règles applicables aux bâtiments recevant du public. Faites valider votre projet avant de commander ou de découper.